L’Union européenne, dans le cadre de son soutien à l’intégration des énergies renouvelables sur le réseau, en particulier éolienne, vient de lancer le projet Twenties (1).
Cette initiative consiste à tester, développer et mettre en œuvre, de manière significative, de nouvelles technologies afin d’augmenter en toute sécurité la production d’énergie éolienne dans le système électrique européen à horizon 2020.
Rassemblant 26 partenaires (réseaux de transport d’électricité, producteurs d’électricité, institutions) de 10 Etats membres différents, le Projet Twenties durera 3 ans, avec un budget de près de 60 millions d’euros, dont 32 millions seront financés par l’Union européenne.
Le projet Twenties constitue le projet de recherche sur les énergies renouvelables le plus ambitieux jamais financé par la Commission européenne. Au sein du « septième programme-cadre de recherche et de développement technologique », il contribue de façon significative aux objectifs de l’UE pour 2020, en matière de ressources énergétiques : une réduction de 20 % des émissions de CO2, une amélioration de 20 % du rendement énergétique et une part de 20 % de l’électricité consommée provenant des énergies renouvelables.
Ce projet mènera des essais en vraie grandeur des technologies qui ont déjà dépassé le stade de R&D, et les études et recherches sur les technologies moins matures. Ces essais vérifieront le respect des exigences opérationnelles de sécurité du réseau électrique interconnecté. Red Eléctrica de España, gestionnaire du réseau de transport d’électricité espagnol, coordonne cette initiative qui rassemble 26 partenaires, entreprises et institutions de renommée internationale dans le secteur de l’électricité.
Le projet, structuré autour de 6 axes d’études, s’efforcera d’identifier et de lever les obstacles liés à une large intégration de l’énergie éolienne (on-shore et off-shore), intermittente par nature, dans le réseau électrique européen. Les essais en vraie grandeur, combinés si besoin à des essais en laboratoire, visent à s’assurer de la valeur ajoutée de nouvelles technologies, dont la majorité relève d’une gestion innovante du système électrique.
Les objectifs d’un projet pionnier
L’industrie électrique espagnole, qui occupe une position privilégiée dans la gestion des énergies renouvelables on-shore, effectuera des tests ambitieux sous la responsabilité d’Iberdrola Renovables. Plus de 200 turbines pour une énergie totale de 500 MW contribueront aux réglages de la tension et de la fréquence. Ces réglages seront coordonnés conjointement par les centres de contrôle d’Iberdrola (CORE) et de Red Eléctrica de España (CECRE), les premiers de ce type au niveau mondial.
RTE, le réseau de transport d’électricité français, analysera la faisabilité économique et technique des réseaux off-shore à courant continu et à haute tension. RTE évaluera et définira les bonnes conditions techniques de protection de ces réseaux sous-marins contre les défauts et de leur interconnexion, en toute sécurité, avec le réseau terrestre (à courant alternatif). Pour cela, des essais sur les équipements correspondants seront notamment réalisés.
Egalement pour vérifier le bon maintien de l’équilibre du système électrique en présence d’une production intermittente massive, DONG Energy, producteur au Danemark, étudiera comment l’association d’une demande flexible et d’une production éolienne, dans un cadre de régulation adapté, peut contribuer à un haut niveau de sécurité et augmenter l’efficacité du système électrique.
Les travaux permettant d’obtenir une flexibilité accrue des réseaux de transport d’électricité seront menés par deux gestionnaires de réseau de transport d’électricité. Le réseau belge, ELIA, en coordination avec CORESO (centre de coordination technique), testera les capteurs et dispositifs prévus pour prévenir d’éventuelles instabilités à grande échelle, entraînées par les parcs éoliens d’Europe du Nord. Le réseau espagnol, Red Eléctrica de España, avec l’application de nouvelles règles améliorant la sécurité et de nouveaux dispositifs de réglage des flux d’électricité, cherchera à optimiser la capacité du réseau pour transporter la plus grande quantité possible de production éolienne.
Le gestionnaire de réseau de transport d’électricité danois, Energinet, vérifiera si une coordination appropriée entre parcs éoliens offshore et production hydroélectrique, situés dans ce cas en Norvège, permet d’éviter les pertes de production qui interviennent en cas de phénomènes météorologiques extrêmes.
Les résultats expérimentaux de Twenties évalueront, au niveau européen, l’effet escompté d’une application progressive des solutions testées et identifiées comme nécessaires pour satisfaire les besoins du réseau de transport d’électricité en Europe à horizon 2020. Cette approche contribuera également les objectifs du Plan stratégique européen pour les technologies énergétiques.
(1) TWENTIES = Transmission system operation with large penetration of Wind and other renewable Electricity sources in Networks by means of innovative Tools and Integrated Energy Solutions
EDF Energies Nouvelles a annoncé lundi que sa filiale américaine enXco et la compagnie électrique américaine Indianapolis Power and Light (IPL) avaient trouvé un accord permettant la poursuite du projet de Lakefield d’une capacité de 201 MW.
Le contrat de vente d’électricité (PPA : Power Purchase Agreement) entre enXco et IPL pour le projet Lakefield a été initialement signé en Juin 2009. Ce contrat avait reçu en janvier 2010 l’agrément de l’organisme de contrôle des services publics de l’Indiana (IURC : Indiana Utility Regulatory Commission).
En mars 2010, IPL a unilatéralement résilié le PPA, suite à quoi, enXco a démarré une procédure d’arbitrage. Les discussions qui ont suivi ont permis à IPL et enXco de s’accorder sur la reprise du PPA tel que signé initialement. Cela va permettre de reprendre la réalisation du projet avec un nouveau calendrier pour une mise en service prévue à la fin du troisième trimestre 2011.
Le Projet de Lakefield, qui sera construit dans le sud-ouest du Minnesota, est le deuxième PPA entre les deux sociétés. Le Projet de Hoosier dans l’Indiana est en exploitation et fournit à IPL approximativement 2% de ses ventes de détail. Avec Lakefield, IPL anticipe que l’énergie éolienne représentera environ 7% de ses ventes.
L’Assemblée Nationale vient d’adopter mardi 11 mai, le projet de loi portant engagement national pour l’environnement, dit Grenelle 2.
“C’est un texte majeur qui vient d’être adopté. Confirmant les objectifs du Grenelle 1 qui permettait à la France de rattraper son retard en matière de développement durable, et de préparer l’avenir, le Grenelle 2 permet à la France de prendre une longueur d’avance dans l’ensemble des secteurs de la croissance verte.” a souligné Jean-Louis Borloo.
Concernant le volet éolien, le Grenelle 2 reprend la plupart des dispositions issues de la mission parlementaire sur l’énergie éolienne.
Cependant, “le renchérissement des contraintes réglementaires (strates opposables supplémentaires : Schéma régional éolien, régime des Installations Classées pour la Protection de l’Environnement – ICPE) et l’interdiction d’installer des parcs à moins de 500 m de « zones destinées à l’habitation » ne sont pas de nature à simplifier, raccourcir et pacifier le développement éolien” estime la Française d’Eoliennes.
Et d’ajouter, “malgré la suppression du seuil minimum de 15 MW par « unité de production » consentie par les députés, la loi Grenelle 2 va freiner le développement d’une filière-clé pour les énergies renouvelables, fortement génératrice d’emplois et aggravant ainsi, le retard pris par la France“.
Il apparaît que fin 2009, ce secteur employait 10 000 personnes en France, contre 40 000 en Allemagne, 23 000 au Danemark et 20 000 en Espagne.
Le groupe Iberdrola a reçu de la Banque européenne d’investissement (BEI) un prêt de 78,5 millions d’euros afin de financer la création d’un parc éolien dans le sud-ouest du Mexique.
Ce concours de la BEI permettra d’appuyer la construction et le démarrage d’un parc éolien à Santo Domingo Ingenio, dans la région d’Oaxaca. Le projet comprendra la mise en place de 121 éoliennes d’une capacité totale de 103 MW, ainsi que la construction des routes d’accès et l’interconnexion au réseau à haute tension.
C’est la première fois que la BEI accorde au Mexique un financement qui relève du « mécanisme pour la viabilité énergétique et la sûreté des approvisionnements ». Le projet appuyé est conforme aux critères de ce mécanisme étant donné qu’il vise à renforcer la viabilité environnementale, la sécurité énergétique et l’essor des énergies renouvelables. Il contribuera aussi au développement économique et, en créant de l’emploi, il générera des retombées sociales positives pour cette région parmi les plus pauvres du Mexique.
Le « mécanisme pour la viabilité énergétique et la sûreté des approvisionnements » est un dispositif pluriannuel de prêt, doté de 3 milliards d’euros, destiné à financer des projets mis en œuvre dans des pays tiers, qui contribuent aux objectifs de viabilité énergétique et de sécurité d’approvisionnement en matière d’énergie. L’Amérique latine est l’une des régions susceptibles de bénéficier de financements au titre de ce mécanisme.
La BEI a démarré son activité de financement en Amérique latine et en Asie en 1993 et, depuis, elle y a mené à bien trois mandats. Au titre de son mandat actuel (ALA IV), qui s’étend sur la période 2007-2013 (parallèlement au « mécanisme pour la viabilité énergétique et la sûreté des approvisionnements »), elle est autorisée à accorder des prêts à hauteur de 3,8 milliards d’euros au maximum pour financer des opérations contribuant à soutenir la présence de l’UE dans ces régions par le biais d’investissements directs ou de transferts de technologies et de savoir-faire, ainsi que des projets destinés à atténuer les effets du changement climatique.
Cette enveloppe de 3,8 milliards d’euros se répartit comme suit : 2,8 milliards d’euros pour l’Amérique latine et 1 milliard d’euros pour l’Asie (montants indicatifs).
Le plan de développement des énergies renouvelables de la France issu du Grenelle Environnement prévoit une accélération du développement de l’énergie éolienne en mer, et vise l’installation d’une capacité de 6 000 MW à l’horizon 2020.
L’enjeu pour la France est double : il s’agit de respecter les engagements du Grenelle Environnement et du paquet « énergie-climat », mais aussi de conquérir une position de leader dans la future industrie des énergies marines et permettre la création de milliers d’emplois pérennes sur le sol national. Le « programme de développement de l’éolien en mer du Grenelle Environnement » se décline autour des trois axes suivants :
Axe n°1 : Une planification concertée :
Au printemps 2009, le Gouvernement a demandé aux préfets des régions Bretagne, Pays de la Loire, Haute-Normandie, Aquitaine et Provence-Alpes-Côte d’Azur de mettre en place, pour chaque façade maritime, une instance de concertation et de planification, rassemblant l’ensemble des parties prenantes. Le recensement des enjeux techniques, réglementaires et environnementales est désormais achevé, et les préfets ont reçu pour instruction de finaliser la concertation avec les différentes parties prenantes avant la fin du 1er semestre 2010. Ces travaux permettront au Gouvernement d’annoncer dans les toutes prochaines semaines la sélection d’une dizaine de « zones propices » dans lesquelles l’éolien en mer sera développé.
Axe n°2 : Un cadre réglementaire simplifié :
Dès l’adoption du projet de loi portant engagement national pour l’environnement (« Grenelle 2 »), les procédures applicables à l’éolien en mer seront très nettement simplifiées, et la gestion du raccordement des éoliennes en mer au réseau électrique pourra être optimisée : RTE pourra mettre en place, pour chacune des zones propices, les capacités de raccordement nécessaires.
Axe n°3 : Des appels d’offres destinés à susciter l’émergence d’une nouvelle industrie « verte » créatrice d’emplois :
Le Gouvernement lancera à partir du mois d’octobre 2010 une première série d’appels d’offres visant l’implantation de 3 000 MW dans les zones identifiées comme propices à l’issue de la démarche de planification et de concertation menée ces derniers mois. Les projets seront sélectionnés au troisième trimestre 2011 sur la base du prix d’achat de l’électricité proposé et du délai de mise en service des installations.
Ces appels d’offres s’adressent à des opérateurs industriels. A ce titre, les candidats devront exposer leur projet industriel : contribution au développement de l’industrie dans l’éolien en mer, mobilisation du tissu industriel et des infrastructures locales, créations d’emplois…
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